Double Dorjé - sct.: Vishvavajra - tib.: Dorjé Gyatram
Première Noble Vérité
L'Existence de la Souffrance
Double Dorjé - sct.: Vishvavajra - tib.: Dorjé Gyatram

Reconnaissons la souffrance telle qu'elle est et méditons sur les souffrances humaines. Le Bouddha Shakyamouni par l'intermédiaire d'Asanga et de Djé Tsongkapa nous proposa la méditation sur les 7 souffrances en 5 points chacunes:

La souffrance de naître:
  1. La naissance est par nature souffrance: Venir au monde, sortir du ventre chaud et sécurisant de notre mère est douleur.
  2. On naît avec des empreintes karmiques productrices de souffrance; le corps et l'esprit manquent de souplesse: Nous ne naissons pas maître de notre esprit, mais bien sous l'emprise de notre esprit ce dernier conditionné par les karmas et les kléças*. Notre corps n'est pas plus maléable nous en connaissons vite la limite.
  3. La naissance est le réceptacle de toutes les souffrances: La maladie, la vieillesse, la mort apparaissent parce qu'il y a naissance.
  4. La naissance est le réceptacle des kleças: l'attachement, l'aversion, la colère, la jalousie etc. se manifestent parce qu'il y a naissance.
  5. La naissance implique la séparation: Quitter son corps lors de la mort, laisser les êtres que nous chérissons ces souffrances existent parce qu'il y a eu naissance.
La souffrance de vieillir
  1. Déclin de la beauté - l'aspect physique se dégrade
  2. Déclin de la force - se déplacer, soulever des objets devient difficile
  3. Détérioration des facultés sensorielles, perte de l'acuité (visuelle, auditive, olfactive, etc.
  4. Diminution de la capacité de jouissance - on ne peut plus festoyer comme avant
  5. Diminution de la vie elle-même - épuisement du temps jusqu'au moment de la mort.
La souffrance de la maladie
  1. Altération physique
  2. Malaise émotionnel entraîné par l'indisposition physique
  3. Perte de jouissance (joie) inhérente à la maladie physique
  4. Privation et désagréments inhérents aux traitements
  5. Maladie peut-être porteuse de mort - quand aggravation.
La souffrance de mourir
  1. Douleur de devoir quitter son corps
  2. Douleur de devoir abandonner ses possessions (biens, argent, maisons)
  3. Douleur de devoir quitter nos proches et amis
  4. Douleur de devoir quitter notre entourage - collègues, voisins
  5. Douleur d'être contraint de mourir alors que l'on n'en a pas envie
La souffrance d'être séparé de ce qui est agréable
  1. Souffrance causée par la séparation elle-même
  2. Pleurs, plaintes, lamentations
  3. Autodestruction
  4. L'obsession - toujours penser à l'autre
  5. L'état de manque - ne plus avoir accès à la satisfaction qui était reliée à la présence de ce que l'on a perdu.
La souffrance de rencontrer ce qui est désagréable
  1. Crainte de rencontrer quelqu'un que nous n'aimons pas
  2. Souffrance reliée à la crainte qu'il ne nous fasse du tort ou du mal
  3. Peur qu'il ne nous dise des paroles désagréables
  4. Peur qu'il n'atteinte à notre vie
  5. Si nous sommes tué appréhension concernant nos futures naissances
La souffrance de ne pas obtenir l'objet désiré alors que l'on recherche

(à compléter)


Une naissance prise sans liberté, sous l'influence des karmas et des kleças entraîne inexorablement ces 7 sortes de souffrance.

Nous pouvons aussi réfléchir à la Souffrance en la catégorisant de 3 façons:

  1. La souffrance de la souffrance: Désigne toutes les souffrances ordinaires; maladie, vieillesse, mort,faim, froid, soif etc.
  2. La souffrance du changement: Nos goûts, nos plaisirs, ceux que nous aimons peuvent un jour nous déplairent.
  3. La souffrance inhérente à l'existence conditionnée: Le simple fait d'exister sert de base à la souffrance qui se manifestera quand les conditions seront appropriées

Il est recommandé de méditer sur la souffrance autant avec l'une ou l'autre
de ces 2 méthodes.



Les quatre attributs de la souffrance

Le premier des attributs est celui de la souffrance. Il concerne les 5 agrégats. C'est l'expression de la douleur. Mais pour le comprendre, il faut connaître la naissance de ces agrégats, le pourquoi de notre corps, de notre environnement. Si on prend une représentation du cycle des existences ( Samsara ), il y a, autour, douze cases qui représentent ce que l'on appelle les Douze Liens Interdépendants. Le fait que le cycle des existences soit au centre signifie que ces liens interdépendants sont à l'origine du samsara et de la souffrance. Chacun vient en dépendance de l'autre.

Le deuxième attribut est celui de l'Impermanence. Une fois que l'on a bien compris la souffrance, compris que tous les agrégats ne sont que le fruit de causes et de conditions, on peut aisément comprendre que si on "stop" les causes, les agrégats disparaissent. Donc ces agrégats sont impermanents. On retrouvera des méditations spécifiques sur cette impermanence dans la quatrième Noble Vérité. Il est important de comprendre l'impermanence, c'est la base de la compréhension du chemin. C'est la base pour obtenir la Libération.

À préciser cependant: cette libération n'est - pour le Grand Véhicule, le Mahayana - qu'une étape; le chemin spirituel continue après. Alors que le but du Petit Véhicule, le Hinayana, est cette libération des souffrances, libération du cycle des renaissances. (Dans le Mahayana, chaque pratiquant est motivé à la base par l'aide qu'il peut apporter aux autres. S'il cherche à obtenir un état de sagesse, c'est afin de pouvoir en faire profiter les autres. Il ne va pas rechercher son unique Libération, mais va chercher la compréhension de tous les phénomènes afin de pouvoir aider tous les êtres. Plus le degré de réalisation est important, mieux on peut aider les autres. L'état de bouddha étant caractérisé par l'omniscience, celui qui suit le chemin du Grand Véhicule souhaite atteindre cet état de conscience. On a vu que si on supprime les causes des cinq agrégats, ces mêmes agrégats disparaissent; ils sont donc impermanents. Lorsque l'on parle des agrégats actuels, on dit qu'ils sont "contaminés". Pourquoi? parce qu'ils sont la cause, la base plutôt, pour la création de karmas négatifs et qu'ils sont les fruits de perturbations antérieures. C'est en opposition avec les agrégats des Bouddhas qui, eux sont purs, nés de la sagesse, non contaminés).

Le troisième attribut de la souffrance est "la vacuité". Brièvement, lorsqu'on voit ce "soi", ce "je", cette saisie d'une individualité, on peut dire qu'il y a deux niveaux de "soi": le soi "acquis" et le soi "inné".

Le soi acquis vient à travers une conception philosophique; c'est-à-dire que certaines formations philosophiques erronées essaient d'affirmer ce soi, à l'encontre d'une compréhension, comme étant impermanent. C'est un attachement cultivé par une philosophie, une religion quelconque.

Alors que même les animaux possèdent le soi inné; dès que l'on naît, il y a attachement à ce soi que l'on pense autonome. Ce soi n'est pas, ne fait pas partie des agrégats. C'est net, parce que si je coupe mon bras, je n'y trouverai pas un soi dedans, tout comme dans n'importe quelle autre partie de mon corps; je ne pourrai pas y trouver une individualité propre à l'endroit. Donc le soi ne fait pas partie des agrégats. Mais maintenant, on ne peut pas dire que le soi est complètement différent des agrégats, parce que ces agrégats vivent à travers ce soi. Vous comprenez? Le soi n'est ni similaire, ni différent des agrégats. La réalisation de cet attribut de la vacuité est la réalisation de la non différence entre le soi et les agrégats.

Le quatrième attribut de la Souffrance est le "non soi". Mais tout comme l'attribut de la vacuité, la non-différence, ici le non-soi, est la non identification entre le soi et les agrégats.

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1. Les 5 agrégats: la Forme, la Sensation, la Volition, la Perception, la Conscience.
2. Les 6 royaumes de renaissance: dieux, demi-dieux, humains, animaux, esprits avides et enfers.



Centre Paramita.


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